STARBUCKS DU QUARRYLANE COTTAGE

Page mise à jour le 12 janvier, 2010   

 

Père :   JAYLOU's RENEGADE
Mère :   MARMELADE DU QUARRYLANE COTTAGE
Date de naissance:   7 décembre 2001
Age actuel:   8 ans
Eleveur:   Hélène DENIS
Propriétaire:   Marylène LEMAITRE

 

BUCKS et KING KONG

Tous les samedis, je repasse.

C'est un rite auquel je ne déroge pas.
Et je repasse devant la télévision, parce que cela me fait passer le temps.

Je ne regarde pas vraiment le programme, c'est pourquoi j'ai tendance à choisir des films que je connais déjà, puisque je ne vais pas vraiment pouvoir les suivre, ou des émissions que je peux écouter d'une oreille plus ou moins distraite.

Le samedi, donc, est le jour rituel et fatidique du repassage.

 Au mois d'août dernier, la troisième chaîne diffusait la dernière version de "King-Kong". La sentimentale que je suis ne connaît que la première version de ce film qui, immanquablement, me transforme en madeleine quand Kong est lâchement assassiné par des humains qui ont moins de coeur que lui.

 Il y a deux mois, donc, le fer à repasser à la main, je me battais contre les plis de mon linge tout en regardant ce film.

Comme à son habitude, Bucky ronflait sur son canapé, heureux comme un Bucky en plein sommeil.

Le film était proche de la fin et Kong était cramponné au faîte de son gratte-ciel, le poing levé, hurlant son amour à sa belle et sa rage aux aviateurs.

Le cri de cet animal, plein de souffrance, creva le silence de mon bel après midi.

Tout à coup, surpris par ce cri, Buck se réveilla en sursaut.

Il était comme coincé entre ce moment magique où l'on est et réveillé, et encore dans le monde des rêves.

Buck ouvrit ses immenses yeux et ne vit qu'une chose : le grand singe hurlant devant lui et moi, immobile, des larmes plein les joues.

Alors, mon Buck, s'étranglant de surprise, projetant son corps entre l'image et moi, planta ses pattes avant sur l'accoudoir du canapé, comme pour se grandir de tous les centimètres qu'il pouvait trouver et, la tête en arrière, le torse bombé, défia King Kong en hurlant à son tour presque à la façon d'un loup.

Je restais immobile devant le courage de ce petit bout de chien qui n'hésitait pas à affronter l'impossible pour protéger l'humain qu'il aime.

Le hurlement de Buck étouffa celui de Kong.

Les mitraillettes ce mêlèrent aux cris.

Kong tomba et mourut.
Le silence revint.

Buck, les oreilles aux aguets, plaquées tout en arrière, chercha la trace de son adversaire.
Il se tut à son tour.
Alors, le torse toujours bombé et le poil relevé, Buck se tourna vers moi et me regarda en soufflant, comme pour me dire "tout va bien. Tout est calme maintenant. Personne ne te fera du mal" et, enlevant ses pattes avant de l'accoudoir, se vautra, satisfait, sur le canapé où il se rendormit immédiatement du juste sommeil de la victoire.

J'ai reposé mon fer et suis allée embrasser King Buck, mon héros.

BUCKS FAIT DU PATINAGE (pas artistique)

Il y a trois jours, Paris s'est réveillée toute recouverte d'une pellicule de glace qui la faisait briller de mille feux.

Le spectacle était féerique.
Mais Paris, si elle est la plus belle capitale au monde, ne sait pas vivre le verglas.
Les Parisiens non plus.
Et Bucky non plus.

A six heures, comme d'habitude, j'ai sorti ce fameux matin les teckellettes et les bulldogs pour le pissou matinal.
Guidées par l'instinct de leurs ancêtres, grands fouisseurs et renifleurs devant l'Eternel, Ulya et Cape-Town se sont gracieusement jetées sur la pellicule de glace qui recouvrait les dalles de la terrasse.
Légères, elles virevoltaient, truffe au vent, et se laissaient mener par le hasard de leur glissades.
Nortone, en bulldog d'expérience qui-a-tout-connu-des-saisons, avançait précautioneusement, en plantant fermement ses ongles dans la glace, commes s'ils étaient autant de petits crampons.

A la vitesse d'un escargot, elle continuait sa route, sereine et déterminée, calculant la plus courte distance qui la séparait de la pelouse où elle savait retrouver son équilibre.

Bucky, endormi comme tous les matins, ne s'inspira ni des teckellettes, ni de Nortone.
Il fit ...  comme d'habitude  ...  et avança.
Enfin, le terme "avancer" est inadéquat.
Il glissa, et se retrouva a plus d'un mètre de l'endroit où il avant posé la patte.
Scié qu'il était, le Buck.

Mais l'information ne lui était pas encore parvenue au cervelet et il tenta de renouveler l'expérience.

C'est alors que tout bascula.

Car, pendant que Buck réalisait que ce matin là n'était pas comme les autres matins, Cape-Town, qui en était au stade de la pirouette, percuta le pauvre Bucky puis s'esquiva à toute  vitesse.
Le choc fut suffisant pour aggraver le déséquilibre de Buck qui se mit frénétiquement à tricoter des pattes.
Mais plus il tricotait, plus il se raidissait et plus il perdait l'équilibre, alors il tricota de plus belle et il allait si vite qu'on croyait que ce chien était soutenu par mille pattes folles.
On aurait dit Nestor, dans Tintin et Milou, quand il perd l'équilibre sur un des patins-à-roulettes du petit Abdallah et qu'il tente désespérément de ne pas faire tomber le plateau qu'il a en main.

Ravie par ce spectacle irréel, je me tenais les côtes en regardant mon gros nigaud se transformer en pitre du patinage.
C'est qu'il était mal gracieux au possible, le Buck, car bizarrement, si ses pattes allaient si vite qu'on ne les comptaient plus, sa tête restait immobile, le regard stupéfait et droit, les rides imperturbables et l'air visiblement de ne rien, mais alors rien, comprendre à la situation.

Puis, ce qui devait arriver arriva et Bucky, comme le faon Bambi quand il découvre le verglas (mais un faon  grassouillet qui tiendrait plus de l'otarie  que du petit de la biche) fit un double grand écart et heurta le sol gelé.

Il fallut que j'aille chercher un collier, que j'arnache mon nigaud d'amour qui me regardait avec la plus totale incompréhension, et que je le traîne jusqu'à un endoit où il ne perdrait pas pied.

mais j'avais oublié qu'il est bien vilain de se moquer de son prochain et Buck fut vengé quand, pour me rendre sur mon lieu de travail, il me fallut faire, à pied, les presque trois kilomètres qui me séparent de la gare RER.

 Mais cela est une autre histoire, pleine de péripéties, de cascades involontaires, de piétons congelés, d'automobilistes désappointés et immobilisés et de pompiers salvateurs .... que je vous raconterai un autre jour.

"Le dernier disciple"

Chers amis,

Vous avez peut-être déjà lu un ouvrage ou visionné un film sur la vie remarquable et remarquée d'Houdini, magicien célèbre pour ses disparitions.
Notamment la dernière, puisque ... nul ne l'a retrouvé.
Ni mort, ni vivant.
Certes, depuis, l'imagination des uns et des autres a battu la campagne, mais, grosso modo, le mystère reste entier.
Pour tous ?
Non.
Car je viens vers vous pour vous apprendre l'impensable.
Pour vous dévoiler l'inimaginable.
Ma découverte se fonde sur une observation pointilleuse de faits soigneusement répertoriés dans un calepin (jaune avec des coccinelles rouges) dûment conservé dans un tiroir - presque - secret.

Voilà.

Houdini avait un élève bien particulier...
Un élève dont nul n'a jamais connu ni même soupçonné l'existence...
Vous me direz ; "Mais qui ???  Qui a appris à maîtriser l'Art subtil de l'Apparition et de la Disparition ???"

Qui ?

Et bien, chers amis, vous le connaissez tous...
Et j'ai les preuves formelles de ce que j'avance.
Le dernier élève d'Houdini ... c'est ... (d'ailleurs, ça rime, ce qui, vous me l'accorderez, est une preuve irréfutable et supplémentaire, s'il en fallait, de mes dires) ...
Cet élève, dis-je ...
C'est ...

 STARBUCKS DU QUARRYLANE COTTAGE dit "BUCKY" !

 Stupéfait(e)s, vous me direz "Hein ? Bucky ? Mais Bucky a 8 ans alors qu'Houdini est mort en 1926 ?"
Non ! Chers Amis, Houdini a DISPARU en 1926 ... ce qui fait toute la différence... et tout reste envisageable ... et puis, les faits parlent d'eux-mêmes car, si Houdini apparaissait et disparaissait sans que quiconque ne comprenne comment, et bien, Bucky est capable du même prodige.
CQFD.

Et ça, si ce n'est pas une preuve...

Cela a commencé par un pissou anodin découvert au pied d'une chaise alors que Buck ronflait, comme d'ordinaire, sur son canapé.
"Tiens" me dis-je "Bucky a fait pipi" (vous remarquerez mon sens aigu de l'observation ainsi que la maîtrise totale que je garde, même lors des événements les plus dramatiques).
"C'est bizarre, j'aurais pourtant juré qu'il n'avait pas bougé ...".
J'ai nettoyé et j'ai oublié l'affaire.
Quelques jours plus tard, alors que j'œuvrais à la préparation du repas de midi, Marc vint me retrouver dans la cuisine.
"Mary, fais attention ! le Kraken a pissé et rien n'est nettoyé !"
"Voyons" répondis-je "il dort à pattes fermées et je l'aurais entendu, s'il était descendu du canapé : ses griffes font "tac tac tac" sur le carrelage."

Une semaine plus tard, Marc m'appela sur mon lieu de travail, surexcité : "Inouï ! devine quoi ? j'ai promené Bucky, il est retourné se coucher dans son panier avec les filles. La cuisine était toute propre.  J'ouvre la porte du réfrigérateur pour me servir un verre de lait. Je referme la porte. Et tu sais quoi ? une pisse d'éléphant ! OR IL N'A MATERIELLEMENT PAS PÛ VENIR DANS LA CUISINE SANS QUE JE LE REMARQUE !"
La dose (de pissous inexplicables) était atteinte.
De ce jour, nous avons mené l'enquête.
Nous décidâmes de noter les apparitions (je dois avouer qu'aucune disparition n'a été constatée) de pissous Buckiens.
Le constat fut stupéfiant :Pisse dans la cuisine mardi 12 à 9H45, ALORS QU'IL DORT SUR LE CANAPE et que je n'ai pas quitté la pièce,
Pisse sur la troisième chaise à droite en partant de la première (chaise) le samedi 23 à 15H27 ALORS QU'IL EST DANS LE JARDIN.
Et la liste est longue ...
 

Nous en sommes arrivés à cette constatation : Buck (dont je vous ai déjà raconté qu'il est bilingue et télépathe), Buck, vous dis-je, mon chien Bucky, est capable d'apparaître et de disparaître...
Son pissou étant la seule signature qu'il laisse à nos yeux aveugles...

C'est ainsi que nous avons compris que Bucky n'avait pû apprendre son Art que du Maître de la Disparition, le grand Houdini en personne.
Nous soupçonnons, néanmoins, que Platon, maître en pisse de Bucky, ait également côtoyé le Magicien.
Mais cela est une autre histoire que seule Alexandra, la jolie maîtresse du Philosophe, pourrait nous raconter.

Mais vous n'êtes pas obligé(e)s de me croire.

Mary, Maîtresse, oh combien fière, de Bucky

Je vous embrasse tous
Mary